Posts Tagged 'O’Reilly'

Réamorçage

Il aura fallu neuf mois de gestation à immatériel.fr pour mettre en œuvre l’infrastructure qui avait commencé à prendre forme dans le cocon des Éditions O’Reilly.

Grâce à la confiance de notre premier client éditeur, publie.net, nous avons pu mettre au point un système de distribution numérique moderne, qui permettra aux éditeurs détenteurs de droits numériques de diffuser leurs ouvrages de façon non exclusive, sous toutes les formes envisageables. Quant aux revendeurs, ils peuvent dès maintenant vendre des accès aux particuliers comme aux grands comptes et aux bibliothèques, sans avoir à investir dans de coûteux systèmes informatiques.

Aujourd’hui, nous sommes fiers de vous présenter la partie émergée de l’iceberg immatériel : cette librairie en ligne servira de site de démonstration et vous proposera le catalogue de nos clients éditeurs dès qu’ils seront disponibles. Voici donc pour commencer deux éditeurs que nous apprécions particulièrement :

  • publie.net, la maison d’édition numérique fondée par François Bon, qui accueille avec clairvoyance des écrivains extraordinaires ; ils disent tous des choses vitales sur le monde présent. En osant la nudité du numérique, ils avivent encore leur parole, et la rendent exactement contemporaine. Essayez-donc un texte pour voir : non seulement ça ne coûte pas cher, mais ça enrichit !
  • Digit Books, elle aussi entièrement consacrée aux supports numériques, est fondée par Dominique Buraud, notre ancienne responsable éditoriale chez O’Reilly. Autant dire une cousine ! Dominique commence par nous offrir une belle surprise en ressuscitant la plupart des livres publiés aux Editions O’Reilly, sous de nouvelles couvertures pleines de clins d’œils (voire de private jokes). Nous en proposons aujourd’hui une vingtaine, mais plusieurs dizaines d’autres vont suivre. Et d’autres projets très ambitieux sont en préparation…

Vous trouverez également au gré de vos recherches sur le site des livres gratuits, souvent des classiques du domaine public, reconditionnés par le collectif Ebooks libres et gratuits.

Pour être informé des nouveautés et de l’arrivée des ouvrages de nouveaux éditeurs, nous ne saurions trop vous recommander de vous abonner à nos flux rss, ou à nous suivre sur twitter !

Et bien sûr, si quelque chose vous chiffonne ou si vous souhaitez nous faire part de vos premières impressions, n’hésitez pas : librairie@immateriel.fr.

L’équipe d’immatériel.fr

Le fonds O’Reilly rediffusé par Ellipses

[Qu’on se le dise : depuis début mars 2009, résurrection progressive des titres numériques grâce à Digit Books !]

La maison d’édition Ellipses s’est finalement portée acquéreuse des ouvrages papier qui étaient bloqués en stock depuis la liquidation des Éditions O’Reilly.

Ce petit article sur le nouveau blog d’Ellipses officialise la nouvelle, mais ne précise pas quand vous pourrez trouver ces livres à nouveau chez votre libraire favori. Si votre libraire s’est déjà renseigné, n’hésitez pas à partager vos informations dans un commentaire !

Autre question en suspens, est-ce qu’Ellipses obtiendra l’autorisation de réimprimer ces ouvrages auprès des auteurs (pour les ouvrages originaux) et/ou d’O’Reilly US (dans le cas des traductions) ? Nous ne savons pas non plus si les versions PDF seront à nouveau disponibles un jour.

À suivre !

xavier@immateriel.fr

O’Reilly France, c’est déjà du passé

[Qu’on se le dise : depuis début mars 2009, résurrection progressive des titres numériques grâce à Digit Books !]

Travailler dix ans pour une maison d’édition internationale et indépendante est une expérience rare et gratifiante, qui plus est lorsqu’elle est dirigée par un humaniste comme Tim O’Reilly. On y croise régulièrement des collègues passionnants, subtiles et enthousiastes, venant d’Europe, d’Amérique et d’Asie, qui vous donnent la pêche chaque fois qu’ils vous parlent de leur travail. Jamais avares de leur temps, certains deviennent même des amis.

De temps à autre, on assiste aussi à de petites vagues de licenciements, principalement aux Etats-Unis. On tique un peu, on s’étonne bêtement qu’elles emportent aussi des représentants de la upper middle class, pour qui la vie semblait si facile — du moins tant qu’elle les tenait éloignés des accidents de santé. Puis on passe à autre chose, en se disant que leurs qualités et leur compétences leur permettront de retrouver facilement un boulot.

En France, en dépit de quelques succès dans nos domaines de prédilection (le Web et la programmation) et du travail acharné des 10 membres de l’équipe, il était rare que finissions l’année dans le vert. Il y a deux ans, notre maison mère, à qui la baisse des ventes de livres d’informatique en librairie n’avait pas échappé, nous avait mis au défi de revenir à l’équilibre sans direction commerciale et avec un chef des ventes comme unique représentant pour toute l’Europe francophone (chapeau bas, Rémi !). Confrontés à la réduction des linéaires consacrés à l’informatique dans les librairies traditionnelles, nous avons alors misé sur la montée de la demande en matière d’ouvrages numériques.

C’est ainsi qu’en un an et demi (chapeau bas, Julien !), nous avons construit notre proof of concept, une librairie en ligne intégrée à notre site, forte de 400000 pages virtuelles au 9 mai 2008 (nb : 3 semaines après la fermeture du site, ce nombre était descendu à 10000 !). Nous en sommes assez fiers, même si nous l’avions toujours considérée comme une première étape. En matière de vente de contenu numérique, les résultats ont d’ailleurs dépassé nos espérances : plus de 40% du CA net réalisé grâce à nos seuls ouvrages PDF ! Tout ça sans DRM, ni piratage organisé.

Seulement voilà. 40% du CA sur un seul site, rapporté à notre chiffre global cela ne fait plus que 7%, certainement pas assez pour que la baisse des coûts de production liés au numérique ait un impact sur la rentabilité. Même O’Reilly France, dont les lecteurs étaient particulièrement fidèles et dont le Pagerank était exceptionnel, ne vendait sur son site que 15% de ses ouvrages. La réalité, c’est que la majorité des lecteurs (85% dans notre cas) préfèrent suivre les recommandations d’un revendeur en qui ils ont confiance, ou bien acheter en même temps des ouvrages de plusieurs éditeurs, ou encore grouper toutes ses courses au même endroit, autant de bonnes raisons de ne pas se rendre sur les sites des éditeurs chaque fois qu’on a envie d’acheter un livre. J’insiste, les maisons d’édition ne pourront jamais se passer des revendeurs !

Pour développer nos ventes de contenu numérique au-delà de notre site, il nous aurait fallu quelques mois supplémentaires. Ce nouveau délai ne nous a pas été accordé. Parmi les responsables de la précipitation : la baisse du dollar — toute aide financière provenant des Etats-Unis leur coûtait 20% plus cher qu’il y a deux ans — et… la crise des subprimes : les banques imposent en ce moment à leurs clients des garanties qu’O’Reilly ne pouvait pas fournir sans commencer par couper ses activités les plus fragiles.

Le mécanisme a donc été le suivant :

  1. O’Reilly Media coupe les subventions vers sa filiale ;
  2. O’Reilly France prévoit qu’elle ne pourra plus faire face à ses dépenses et se déclare en cessation de paiement ;
  3. Le juge du tribunal de commerce décide de la liquidation judiciaire le 6 mai ;
  4. Le mandataire nommé par le juge nous demande de ne plus revenir dans nos bureaux, et demande la fermeture du site.

Nous ne manquerons pas de vous tenir au courant des suites de l’affaire, en particulier si, comme nous l’espérons pour nos lecteurs, une autre maison d’édition se portait candidate pour diffuser à nouveau les titres du catalogue O’Reilly, sur support papier comme en numérique.

xavier@immateriel.fr

Le PDF, ça se vend !

À partir de ventes réalisées sur le site oreilly.fr pendant un an, nous avons pu établir des statistiques de ventes qui donnent une idée du potentiel commercial de l’édition électronique, lorsqu’on le compare à celui de l’édition papier.

Papier versus PDF

Commençons par visualiser les statistiques de vente sur le site de février 2007 à février 2008. L’axe vertical représente sur la Figure 1 la quantité d’exemplaires vendus et sur la Figure 2 le revenu net (hors taxe et déduction faite des remises et frais de port).Notez que les Focus correspondent à notre collection de titres disponibles uniquement au format électronique à des tarifs très bas (entre 8 et 10 €), les PDF quant à eux correspondent aux versions électroniques de nos titres papier. De plus, le prix de vente des versions PDF est entre 75 et 80% de celui de leur version papier.

PDF vs Papier (nombre d'exemplaires vendus)Figure 1

Un petit rappel des événements depuis février dernier :

  • février : début de la mise en vente des Focus sur le site ;
  • mars : mise en vente des livres papier ;
  • avril : mise en vente de certains titres au format numérique ;
  • octobre : mise en vente de tout le catalogue papier et PDF.

Il est intéressant de noter que l’ajout des versions PDF n’a pas fait baisser les ventes de papier : la saison d’automne, traditionnellement bénéfique pour l’édition, a autant profité aux livres classiques qu’aux ouvrages numériques, sans que l’un paraisse mordre sur l’autre.

PDF vs Papier (chiffre d'affaire net)Figure 2

Comme on peut le constater sur la Figure 2, le chiffre d’affaire à quantité égale est légèrement plus faible pour les PDF, du fait de leur prix plus bas.

Proportion CA Papier / PDFFigure 3

Pour cette comparaison du CA, nous reprenons uniquement les chiffres entre octobre et février, période où toute l’offre est disponible : livres papier, livres PDF (Focus compris) et bundles (combinaison papier+pdf d’un même titre). On voit que l’ensemble des formats numériques représente 44% du chiffre.Que peut-on conclure de ces chiffres ? Si plus de 60% de nos clients ont choisi le livre électronique de préférence au papier, c’est qu’il existe bel est bien un public pour les formats numériques payants. Plusieurs facteurs ont sans doute encouragé ce choix :

  • Prix de vente plus faible (entre 75% et 80% du prix papier) ;
  • Disponibilité immédiate du produit ;
  • Possibilité de copier/coller le contenu, ce qui est particulièrement apprécié dans notre secteur ;
  • Fichiers sans DRM, c’est-à-dire sans limitation d’utilisation de l’ouvrage une fois acquis.

Il n’en reste pas moins que la disponibilité de contenu gratuit sur l’Internet n’a pas découragé nos lecteurs d’investir dans du contenu numérique payant. Mieux, il semble que ce format ait attiré de nouveaux clients, au lieu de détourner les clients habituels du papier. Nous reviendrons sur ces aspects qualitatifs dans de prochains articles.

Ventes en librairie versus ventes sur le site de l’éditeur

Reprenons les chiffres entre octobre et février pour comparer les proportions du CA entre les ventes en librairie et les ventes sur oreilly.fr.

stats_libraires_vel_comp2.pngFigure 4 (VEL = Vente en Ligne)

Les ventes sur le site ont représenté environ 12% de l’ensemble des ventes, ce qui le situe au niveau d’un gros libraire (Amazon, Fnac ou Eyrolles). Autrement dit, les ventes de livres électroniques représentent 5% du chiffre global des Éditions O’Reilly.Faut-il en déduire que les ventes de numérique sont négligeables ? Au contraire : ne perdons pas de vue que les livres électroniques ne sont pour l’instant disponibles que sur notre site. Ils ont de fait une distribution très limitée par rapport à nos autres canaux de distribution.La bonne piste consiste sans aucun doute à multiplier ces canaux. On peut facilement imaginer des libraires en ligne (amazon.fr ou fnac.com) proposant les ouvrages dans les deux formats. Mais également les libraires traditionnels, qui pourraient ainsi proposer beaucoup plus d’ouvrages à la vente sans les habituels problèmes liés à la gestion de stock. Enfin, il n’est pas exclu que les relais « communautaires » comme les blogs aient intérêt à devenir revendeurs pour les titres susceptibles d’intéresser leurs lecteurs.  

julien@immateriel.fr


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