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6 textes offerts par Arte

A l’occasion du Salon du Livre, qui débute aujourd’hui, Arte et Publie.net vous présentent un texte contemporain par jour, et même vous l’offrent !

Quel rapport avec immatériel∙fr ? En bon distributeur numérique, nous nous occupons de la tuyauterie, afin qu’après les avoir ajoutés à votre bibliothèque personnelle sur le site de Publie.net, vous puissiez y accéder 24h/24. Accessoirement, c’est aussi nous qui avons tressé le panier dans lequel vous déposerez le code réservé aux happy few, et divulgué uniquement sur le site d’Arte, sur la page consacrée à chaque texte.

Si vous êtes curieux de savoir à quoi ressemble la littérature contemporaine quand elle s’exprime en numérique, c’est l’occasion ; chaque texte publié par publie.net ouvre des portes jamais poussées auparavant, ça fait courant d’air, et ça vous rafraîchit l’écran en moins de deux !

xavier@immateriel.fr

Réamorçage

Il aura fallu neuf mois de gestation à immatériel.fr pour mettre en œuvre l’infrastructure qui avait commencé à prendre forme dans le cocon des Éditions O’Reilly.

Grâce à la confiance de notre premier client éditeur, publie.net, nous avons pu mettre au point un système de distribution numérique moderne, qui permettra aux éditeurs détenteurs de droits numériques de diffuser leurs ouvrages de façon non exclusive, sous toutes les formes envisageables. Quant aux revendeurs, ils peuvent dès maintenant vendre des accès aux particuliers comme aux grands comptes et aux bibliothèques, sans avoir à investir dans de coûteux systèmes informatiques.

Aujourd’hui, nous sommes fiers de vous présenter la partie émergée de l’iceberg immatériel : cette librairie en ligne servira de site de démonstration et vous proposera le catalogue de nos clients éditeurs dès qu’ils seront disponibles. Voici donc pour commencer deux éditeurs que nous apprécions particulièrement :

  • publie.net, la maison d’édition numérique fondée par François Bon, qui accueille avec clairvoyance des écrivains extraordinaires ; ils disent tous des choses vitales sur le monde présent. En osant la nudité du numérique, ils avivent encore leur parole, et la rendent exactement contemporaine. Essayez-donc un texte pour voir : non seulement ça ne coûte pas cher, mais ça enrichit !
  • Digit Books, elle aussi entièrement consacrée aux supports numériques, est fondée par Dominique Buraud, notre ancienne responsable éditoriale chez O’Reilly. Autant dire une cousine ! Dominique commence par nous offrir une belle surprise en ressuscitant la plupart des livres publiés aux Editions O’Reilly, sous de nouvelles couvertures pleines de clins d’œils (voire de private jokes). Nous en proposons aujourd’hui une vingtaine, mais plusieurs dizaines d’autres vont suivre. Et d’autres projets très ambitieux sont en préparation…

Vous trouverez également au gré de vos recherches sur le site des livres gratuits, souvent des classiques du domaine public, reconditionnés par le collectif Ebooks libres et gratuits.

Pour être informé des nouveautés et de l’arrivée des ouvrages de nouveaux éditeurs, nous ne saurions trop vous recommander de vous abonner à nos flux rss, ou à nous suivre sur twitter !

Et bien sûr, si quelque chose vous chiffonne ou si vous souhaitez nous faire part de vos premières impressions, n’hésitez pas : librairie@immateriel.fr.

L’équipe d’immatériel.fr

Musique en ligne — en finir avec le public ennemi

Vous vous souvenez de la licence globale ? Il y a déjà presque trois ans qu’elle a failli être adoptée par les députés, avant d’être définitivement rejetée un mois plus tard, suscitant une cacophonie où se mêlaient débats légitimes sur l’avenir du droit d’auteur et critiques sur la manière dont le gouvernement traitait le parlement. Cette bataille avait débouché sur l’adoption « en urgence » de la loi DADVSI.

Deux ans et demi plus tard, alors qu’une nouvelle loi dite Hadopi est en préparation et déjà montrée du doigt par le parlement Européen, il n’est plus question de licence globale à l’assemblée nationale, même si d’excellents articles ont continué de creuser la question.

Et pourtant, à lire ci-dessous la proposition que fait Jean Zundel d’un système de distribution de musique au forfait, on se dit qu’il est peut-être temps de relancer la réflexion, à une époque où tout mouvement des industries culturelles semble paralysé par la crainte du piratage.

Jean Zundel <jzu@immateriel.fr> est informaticien, grand connaisseur de l’Internet, spécialiste des infrastructures de confiance (PKI : infrastructures de gestion de clefs, signature électronique, échanges sécurisés). Il travaille actuellement chez OpenTrust (http://www.opentrust.com/) et est aussi musicien : il a sorti plusieurs albums dans le passé sur des labels indépendants, et est toujours en activité (http://myspace.com/youpiyoupiyeah).

Vous pouvez télécharger ici le white paper de Jean Zundel au format PDF. N’hésitez pas à nous faire part de vos commentaires.

xavier@immateriel.fr

De la fierté d’être pipeline

Lorsqu’on ambitionne, comme immatériel.fr, d’acheminer des flux choisis de matière numérique vers des millions de nécessiteux, on doit commencer par repérer des puits qui ne soient pas à sec, ni, pire, bouchés.

Et s’il est un gisement toujours fécond, c’est bien celui entretenu avec passion par l’équipe de publie.net ! François Bon fore sans relâche là où sourd l’or noir de la littérature contemporaine, et il suscite chez ses complices l’envie d’extraire le bitume à main nue, de le raffiner, de le révéler en le portant à la lumière de nos écrans : regardez les traces qu’ils ont laissées sur le seuil aménagé par Philippe De Jonckheere ! C’est gras, c’est généreux, et je me suis laissé dire que les autres pages du site profiteront bientôt de cette densité assumée. Plus loin, on peut continer à chercher le souvenir des marées noires sur ces rochers mille fois relavés, et promus couvertures pour l’atelier des écrivains.

Si vous vous sentez trafiquant de ce genre de pâte, libraire érudit, bibliothécaire expérimenteur ou blogueur spécialisé, commencez donc par contacter le Maître des Puits : si vous faites affaire, immatériel.fr trouvera toujours un moyen de dériver un tuyau jusque chez vous, afin que vos clients s’y alimentent en carburant véritable.

xavier@immateriel.fr

Le fonds O’Reilly rediffusé par Ellipses

[Qu’on se le dise : depuis début mars 2009, résurrection progressive des titres numériques grâce à Digit Books !]

La maison d’édition Ellipses s’est finalement portée acquéreuse des ouvrages papier qui étaient bloqués en stock depuis la liquidation des Éditions O’Reilly.

Ce petit article sur le nouveau blog d’Ellipses officialise la nouvelle, mais ne précise pas quand vous pourrez trouver ces livres à nouveau chez votre libraire favori. Si votre libraire s’est déjà renseigné, n’hésitez pas à partager vos informations dans un commentaire !

Autre question en suspens, est-ce qu’Ellipses obtiendra l’autorisation de réimprimer ces ouvrages auprès des auteurs (pour les ouvrages originaux) et/ou d’O’Reilly US (dans le cas des traductions) ? Nous ne savons pas non plus si les versions PDF seront à nouveau disponibles un jour.

À suivre !

xavier@immateriel.fr

Wikipedia sur papier : retour vers le futur

Dans un article du Monde daté du 23 avril 2008, on apprend que l’éditeur allemand Bertelsmann prévoit de sortir une version papier de l’encyclopédie Wikipédia. Le contenu sera sélectionné par l’éditeur, vérifié et éventuellement corrigé. Une édition annuelle à 19,95 euros est prévue et la sélection d’articles promet de varier chaque année.

Qu’en penser ? Tout d’abord, selon l’éditeur, Wikipedia est l’encyclopédie qui colle au plus près de l’actualité, ce qui justifie sa place au format papier au milieu des autres ouvrages de ce type, cela ne surprendra personne, on pourrait même ajouter que c’est bien l’un des avantages du numérique par rapport au papier. Par ailleurs, la fondation Wikipedia est avant tout un projet ouvert, axé sur une libre contribution ; Bertelsmann s’engage à lui reverser 5% de droits et à se porter garant de la validité du contenu. C’est bien joué de la part de l’éditeur, car si l’on peut lui objecter l’opportunisme de se servir du travail d’autrui pour ses propres affaires, il est plus hasardeux de le critiquer sur son engagement à corriger le contenu si ce n’est sur un point : ces corrections profiteront-elles à la communauté wikipedia ou bien resteront-elles la propriété exclusive de la version papier ?

Maintenant, cela suscite quelques pistes de réflexion alors que l’on parle beaucoup de passer du papier au numérique, cette démarche se situe à contre-courant. Un peu comme des mélomanes qui brûleraient leurs CD pour repasser au vinyl :

  • En quoi la démarche de Bertelsmann préfigure-t-elle l’abolition à terme des frontières papier/contenus dématérialisés ?
  • le papier est-il redondant vis-à-vis des contenus numériques et inversement

Il est vrai que l’on se focalise beaucoup sur le passage au numérique, en oubliant au passage que l’essentiel de la production éditoriale commerciale est toujours au format papier. Dans le cas le Wikipedia, il est intéressant de noter que si les internautes ont toujours eu l’expérience d’une navigation en ligne, d’un lien à un autre, il est peu probable qu’ils aient pu aborder cette encyclopédie comme on le fait en version papier, c’est-à-dire en la feuilletant. Drôle d’idée me direz-vous et pourtant comment expliquer le succès de librairie des Miscellanées de Mr Schott si ce n’est par le plaisir de feuilleter un cabinet de curiosités.

Car il s’agit bien de cela : une encyclopédie dont les articles sont sélectionnés annuellement par un éditeur ne sont rien d’autre qu’un ensemble de miscellanées, une sorte d’almanach comme au bon vieux temps et dont la source est numérique ! Ainsi, Bertelsmann emboîte le pas à tous les éditeurs qui ont, il n’y a pas si longtemps proposé à certains auteurs de blog d’en faire une édition papier. D’ailleurs, il faut s’attendre à voir de plus en plus souvent de bonnes idées au format numérique avoir les honneurs du papier. Le site de Joe la Pompe qui fait régulièrement les délices des amateurs de publicité et de plagiat aura bientôt droit lui aussi à sa version papier. Alors après le roman adapté en film, le site adapté en livre ? Ainsi, la numérisation des contenus au format papier n’exclu pas l’opération inverse, bien au contraire.

Pour autant, les deux formats sont-ils redondants ? Les lecteurs de feu O’Reilly France vous le diront, pour eux les deux formats cohabitent et possèdent chacun leur utilité. Le papier se prête à une lecture soutenue, il peut s’emmener partout et se conserve bien. Le numérique, quant à lui, ne pèse rien, permet d’accéder aux liens hypertextes et aux références croisées en un clin d’œil, et pour les programmeurs, on peut copier/coller les exemples de code. Bien sûr, il s’agit d’ouvrages d’informatique, mais il suffit que chaque format tire parti de ses qualités intrinsèques pour que l’expérience soit enrichie plutôt qu’inutilement redondante. Dans le cas de Joe la Pompe, le plaisir du papier sera de feuilleter les exemples de publicités plagiaires/plagiées en double-page, de l’avoir sous la main comme un bel objet ludique, tandis que le site visera davantage à l’exhaustivité des plagiats qu’à la sélection esthétique. La complémentarité des deux formats devrait donner des nouvelles perspectives aux métiers de l’édition qui devront faire preuve d’imagination et d’audace pour attirer de nouveaux lecteurs.

samuel@immateriel.fr

O’Reilly France, c’est déjà du passé

[Qu’on se le dise : depuis début mars 2009, résurrection progressive des titres numériques grâce à Digit Books !]

Travailler dix ans pour une maison d’édition internationale et indépendante est une expérience rare et gratifiante, qui plus est lorsqu’elle est dirigée par un humaniste comme Tim O’Reilly. On y croise régulièrement des collègues passionnants, subtiles et enthousiastes, venant d’Europe, d’Amérique et d’Asie, qui vous donnent la pêche chaque fois qu’ils vous parlent de leur travail. Jamais avares de leur temps, certains deviennent même des amis.

De temps à autre, on assiste aussi à de petites vagues de licenciements, principalement aux Etats-Unis. On tique un peu, on s’étonne bêtement qu’elles emportent aussi des représentants de la upper middle class, pour qui la vie semblait si facile — du moins tant qu’elle les tenait éloignés des accidents de santé. Puis on passe à autre chose, en se disant que leurs qualités et leur compétences leur permettront de retrouver facilement un boulot.

En France, en dépit de quelques succès dans nos domaines de prédilection (le Web et la programmation) et du travail acharné des 10 membres de l’équipe, il était rare que finissions l’année dans le vert. Il y a deux ans, notre maison mère, à qui la baisse des ventes de livres d’informatique en librairie n’avait pas échappé, nous avait mis au défi de revenir à l’équilibre sans direction commerciale et avec un chef des ventes comme unique représentant pour toute l’Europe francophone (chapeau bas, Rémi !). Confrontés à la réduction des linéaires consacrés à l’informatique dans les librairies traditionnelles, nous avons alors misé sur la montée de la demande en matière d’ouvrages numériques.

C’est ainsi qu’en un an et demi (chapeau bas, Julien !), nous avons construit notre proof of concept, une librairie en ligne intégrée à notre site, forte de 400000 pages virtuelles au 9 mai 2008 (nb : 3 semaines après la fermeture du site, ce nombre était descendu à 10000 !). Nous en sommes assez fiers, même si nous l’avions toujours considérée comme une première étape. En matière de vente de contenu numérique, les résultats ont d’ailleurs dépassé nos espérances : plus de 40% du CA net réalisé grâce à nos seuls ouvrages PDF ! Tout ça sans DRM, ni piratage organisé.

Seulement voilà. 40% du CA sur un seul site, rapporté à notre chiffre global cela ne fait plus que 7%, certainement pas assez pour que la baisse des coûts de production liés au numérique ait un impact sur la rentabilité. Même O’Reilly France, dont les lecteurs étaient particulièrement fidèles et dont le Pagerank était exceptionnel, ne vendait sur son site que 15% de ses ouvrages. La réalité, c’est que la majorité des lecteurs (85% dans notre cas) préfèrent suivre les recommandations d’un revendeur en qui ils ont confiance, ou bien acheter en même temps des ouvrages de plusieurs éditeurs, ou encore grouper toutes ses courses au même endroit, autant de bonnes raisons de ne pas se rendre sur les sites des éditeurs chaque fois qu’on a envie d’acheter un livre. J’insiste, les maisons d’édition ne pourront jamais se passer des revendeurs !

Pour développer nos ventes de contenu numérique au-delà de notre site, il nous aurait fallu quelques mois supplémentaires. Ce nouveau délai ne nous a pas été accordé. Parmi les responsables de la précipitation : la baisse du dollar — toute aide financière provenant des Etats-Unis leur coûtait 20% plus cher qu’il y a deux ans — et… la crise des subprimes : les banques imposent en ce moment à leurs clients des garanties qu’O’Reilly ne pouvait pas fournir sans commencer par couper ses activités les plus fragiles.

Le mécanisme a donc été le suivant :

  1. O’Reilly Media coupe les subventions vers sa filiale ;
  2. O’Reilly France prévoit qu’elle ne pourra plus faire face à ses dépenses et se déclare en cessation de paiement ;
  3. Le juge du tribunal de commerce décide de la liquidation judiciaire le 6 mai ;
  4. Le mandataire nommé par le juge nous demande de ne plus revenir dans nos bureaux, et demande la fermeture du site.

Nous ne manquerons pas de vous tenir au courant des suites de l’affaire, en particulier si, comme nous l’espérons pour nos lecteurs, une autre maison d’édition se portait candidate pour diffuser à nouveau les titres du catalogue O’Reilly, sur support papier comme en numérique.

xavier@immateriel.fr


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